jeudi 22 juin 2017

Conférence et démonstration de teinture

Festival "Les arts en fête" dimanche 16 juillet 2017

Cette année le thème du Pastel à été choisi par l'organisation du festival "Les arts en fête" de la communauté de communes "Sor Agout" dans le Tarn .

J'ai donc été sollicité pour donner une conférence sur le Pastel ainsi qu'une démonstration de teinture en cuve organique. 







Je vous donne donc rendez-vous le dimanche 16 juillet à Massaguel (Tarn) pour une journée en bleu de Pastel.

Merci à Karine Delzors et toute l'équipe du service culturel de la communauté de communes Sor-Agoût pour l’intérêt qu'ils portent à mon travail de recherche et mise en œuvre des techniques anciennes de teinture.


Article rédigé par David Santandreu


dimanche 18 juin 2017

Pastel et Manufactures Royales en Haut Languedoc

Une petite page d'histoire locale.



Mémoire de teinture d'Antoine Janot, Directeur d'une  manufacture Royale à St Chinian (Hérault). Échelle des bleus destinée au marché du Levant. XVIIIème siècle (Archives Départementales de l'Hérault, France 2017)


Courniou se situe dans le nord ouest de l'Hérault (France) à la limite du département du Tarn. Le passé historique de cette région nous transporte directement au XVIIIème siècle lorsque le textile et l'élevage du mouton étaient encore les principales activités économiques locales. Dans un rayon de 30 Km, à St Pons de Thomières, St Chinian et Bize Minervois, quatre manufactures royales produisaient les fameux "Londrins", draps de laine foulée qui ont fait la renommé de la draperie languedociènne en étant exportés sur les marché du Levant via le port de Marseille.



Le Londrin large était une des qualités de drap produits dans une manufacture de St Pons de Thomières à cinq kilomètres de Courniou. (Archives Départementales de l'Hérault, France 2017)

A St Pons de Thomières, au 17ème siècle, plusieurs manufactures sont créées. La plus importante appartient à la famille Amblart et se verra attribuée le titre de Manufacture Royale en 1754 alors qu'elle est gérée par Jean Marie Amblart, fils du créateur Jean Pierre Amblart. A cette période d'importants travaux d'agrandissement sont entrepris tel que la création de la teinturerie. Au décès de Jean Marie l'établissement est légué à la marquise  Rose de Villeneuve fille héritière. Le déclin commence alors et c'est en 1802 que la marquise vend la manufacture à un certain Denis Gely qui va lui redonner une légère impulsion de reprise jusqu'au milieu du XIXème siècle, période du déclin de la draperie languedocienne.


Le Pastel dans les Manufactures Royales



Cocagnes. Feuilles de Pastel broyées, fermentées puis séchées en boule. Courniou juillet 2016.

Les cocagnes ont été utilisées jusqu'au XIXème siècle pour la fabrication d'agranat qui servait pour assoir (préparer) les cuves de bleu par les teinturiers en grand teint. Cet agranat était fabriqué par une seconde fermentation des cocagnes après avoir été concassées avec des maillets de bois ou reportées au moulin. Après plusieurs semaines de fermentation le Pastel était prêt pour le transport vers les teintureries dans toute l'Europe. Malgré la lenteur de ce processus de fabrication, l'utilisation du Pastel présentait l'avantage d'apporter une matière colorante ainsi qu'une matière fermentescible très utile pour la réduction de l'indigo.

 En 1737 Philibert Orry, contrôleur des finances de Louis XV modifie la réglementation de Colbert sur la teinture en grand et bon teint. Cette modification apporte un élément majeur dans la teinture en bleu. L'Indigo d'origine tropicale, beaucoup plus riche en indigotine, jusque là interdit par les différents règlements pour préserver l'économie florissante du Pastel, est enfin autorisé en France et va très vite le devenir dans toute l'Europe. Le Pastel sera encore cultivé pendant plus d'un siècle mais il aura le rôle unique de réducteur dans les cuves qui, à cette période sont pratiquement toutes renforcées à l'indigo tropical. Suite à la découverte de la réduction par l'hydrosulfite de soude par Paul Schützemberger et Felix de Lalande en 1869, le Pastel n'aura plus aucune utilité. Il va totalement disparaitre des champs et teintureries. La synthèse de l'indigo, par Adolphe Von Bayer, commercialisé par la firme allemande BASF en 1889, va même faire disparaitre l'indigo tropical des ateliers de teinture.

Actuellement en 2017, l'hydrosulfite de soude est toujours utilisé comme agent réducteur d'indigo tant par la teinture industrielle qu'artisanale. Avec l'indigo synthétique ce sont des sources importantes de pollution des rivières des pays producteurs de textile notamment en Asie.

Étalon d'écarlate d'une manufacture royale. (Archives Départementales de l'Hérault, France 2017)


Un siècle d'oubli total avant que M Gilbert Delahaye redonne vie au Pastel dans le Tarn vers 1975. Plusieurs années de recherches et expérimentations lui ont permis de reconstituer une méthode d'extraction d'indigo du Pastel mise au point au début du XIXème siècle.

Actuellement en France le Pastel est devenu un produit purement marketing et promotionnel. Certaines sociétés peu scrupuleuses se servent de cette plante, comme vitrine commerciale pour attirer le tourisme industriel, même s'il ne maîtrisent ni la production de pigment, ni les techniques de teinture anciennes.


L'absence de réglementation en terme de production de pigment et de teinture naturelle ouvre la porte à tous styles de contrefaçons.


Article rédigé par David Santandreu 
Crédit photographique David Santandreu
 

vendredi 16 juin 2017

2016, Retour en Languedoc

Du pays de cocagne au Haut Languedoc.

L'année 2016 à été pour moi l'occasion de tester à échelle industrielle les méthodes d'extraction de l'indigo du Pastel des teinturiers pour une société du Tarn (81). Soixante tonnes de feuilles de Pastel ont été récoltées sur trois hectares cultivés. J'ai extrait un peu plus de soixante kilogrammes de pigment d'indigo. Un rendement assez faible car la variété cultivée ici n'a fait l'objet d'aucune sélection et présente un taux de plus de 95% de Pastel sauvage.

Champs de trois hectares cultivé par Michel André agriculteur et chef de culture à Cambounet sur Sor (81)

Voici un lien qui vous donnera un aperçu de mon activité de 2016. Un petit reportage vidéo se trouve en fin d'article.




Battage en cascade


Oxydation et précipitation du pigment



Filtration du précipité

Après cette saison très chargée, je me suis retiré du projet qui à pris une orientation vers le tourisme industriel, comme la plupart des projets autour du Pastel dans le sud-ouest de la France. L'industrialisation du Pastel est une source de pollution considérable, emploi de désherbants et pesticides à la culture, utilisation de plusieurs dizaines de mètres cubes d'eau par jour chauffée par d’énormes chaudières à gaz, rejets dans la nature de cette eau chaude additionnée de chaux et matières fermentescibles sans traitement préalable. Tout ceci bien sur n'est pas précisé aux nombreux touristes, chaines de télévision et autres médias qui visitent ce type de lieu. 

J'ai donc décidé de revenir à une production à échelle humaine et plus respectueuse de l’environnement à Courniou, siège social de La Main des Sables.


Production et extraction écologique d'indigo dans l'Hérault.

En Octobre 2015, j'ai semé 3000 mètres carrés d'Isatis tinctoria (Pastel des teinturiers) à Courniou dans un champs mis à disposition par un agriculteur local. Hormis le travail du sol qui a été effectué par l'agriculteur à la suite de la récolte des cultures précédentes, tous les autres travaux ont été manuels. J'ai passé beaucoup d'heures à quatre pattes dans le champs...


Culture en rangs pour faciliter la sélection de semences


A partir du mois de mai 2016 la récolte des feuilles a été effectuée régulièrement et manuellement jusqu'au mois de septembre. J'ai extrait  cinq kilogrammes de pigment sur une partie des feuilles puis confectionné des cocagnes (boules de feuilles de Pastel broyées, fermentées puis séchées).  Au mois de septembre j'ai procédé à la sélection des plantes. Pastel bâtard et sauvage (Isatis des botanistes) a été soigneusement arraché pour ne garder que l'Isatis des teinturiers. Un travail très long mais qui doit être fait pour optimiser le rendement en pigment qui est très faible sur l'Isatis (0,2% du poids des feuilles dans le meilleur des cas). Cette sélection doit être faite annuellement car le Pastel est une plante qui retrouve très vite son état sauvage. La production de pigment peut chûter de moitié d'une année sur l'autre suivant les sols et climats si cette sélection n'est pas suivie.


Floraison en avril 2017







Différents stades de maturité des graines.

Semences pratiquement mûres.

 Récolte entièrement manuelle.

 L'irrégularité de la floraison de l'Isatis implique une récolte échelonnée. Pour obtenir une semence homogène en terme de maturité, il faudra récolter plusieurs fois la parcelle pour ne prélever que les semences arrivées à maturité.





Article rédigé par David Santandreu

Crédit photographique David Santandreu 2017







samedi 12 décembre 2015

2015 : un jardin tinctorial en Haut Languedoc

25 ans d’expérience en agriculture biologique. Une connaissance au service des teintures végétales sur 2500 mètres carrés de pépinière de plantes tinctoriales




Présence d'indigo dans la sève du Pastel (Isatis tinctoria)





La production de semences de Pastel demande une sélection méticuleuse. Les Pastels bâtards et sauvages doivent être éliminés pour ne garder que les plantes riches en indigo






Pour une production d'indigo de qualité le Pastel doit être très propre. Sarclages et désherbages doivent être nombreux et réguliers car la présence d'herbes rendrait la récolte difficile et ajouterait d'autres pigments néfastes à la pureté de l'indigo




 Extraction de l'indigo du Pastel








Fermentation lente des feuilles fraîches





 
Filtration du pigment après le battage
 







Formation des carreaux d'indigo










  Teinture en cuve organique de Pastel 

 (sans hydrosulfite de soude) 

 
Le contact de l’oxygène sur l'indigo va révéler la couleur qui passe du jaune au vert puis au bleu. Le dé-verdissage. Quelques minutes de magie














 Une autre plante à indigo :

 

La Persicaire des teinturiers

 


Jeune plant de Persicaire des teinturiers (Persicaria tinctoria).





Persicaire en fleur



 D'autres plantes à couleurs



Sorgho des teinturiers






Garance, Pastel et Cosmos des teinturiers







Cosmos des teinturiers




Gaude (Reseda luteola) en fleur

Gaude et Persicaire










En 2016 les cultures s'étendront sur 3000 mètres carrés supplémentaires essentiellement cultivés en Pastel des teinturiers. Ces terres sont mises à disposition par un agriculteur local curieux de les voir se transformer en bleu.







Ici le Pastel rentre parfaitement dans le cadre des rotations de cultures, maîtrise naturelle des adventices et parasites






Bienvenue !


Découvrez ces plantes et toutes les autres lors des journées découverte ou différents stages qui sont organisés tout au long de l'année.

 


 N'hésitez pas à me contacter pour plus de renseignements


 
 


Merci à Vanessa Boudet qui est l'auteur des trois plus belles photos de cet article. Ces magnifiques photos possèdent un copyright.



article rédigé par : David Santandreu



samedi 31 mai 2014

Evolution de l'atelier

      

 Depuis février 2014 notre atelier de teinture évolue. Hassan Zéroual nous met à disposition l’ancienne maison familiale pour y installer notre matériel et y mettre en œuvre nos teintures. Cette espace d'environ 180 mètres carré va nous permettre de travailler dans de très bonnes conditions et ainsi produire des couleurs naturelles de grande qualité tout en respectant l'environnement si fragile dans cette région. 


Encore merci à Hassan pour sa confiance ainsi qu'à toute sa famille pour leur accueil chaleureux et très convivial.





Nouveau locaux en cours d'aménagement pour l'atelier "labo" de teinture





















Les cuissons




Cette pièce qui servait de cuisine n'est pas encore 
restaurée mais nous à servie pour les cuisson en mars 2014.















































Le traitement des eaux

      L'eau c'est la vie !
 
Dans cette région les pluies sont si rares qu'une de nos plus grandes préoccupations est d'utiliser un minimum d'eau pour notre travail. Chaque litre doit absolument être traité de manière à pouvoir servir à l'arrosage des cultures vivrières qui entourent l'atelier. Pour cela nous devons mettre en place un système naturel qui nous permettra de recycler toutes les eaux pour de nouvelles teintures ou pour l'usage domestique. Un défi que nous nous sommes lancé  et qui tient particulièrement à cœur à toute l'équipe.

Cette pièce est destinée au traitement des eaux 
de teintures et mordançage.





Après un procédé totalement naturel les eaux sont filtrées et le résultat final procurent d’excellentes  laques. Les eaux sont ainsi débarrassées de tous les excédents de matière .








Filtration du Réséda



Laque de Réséda



Filtration de la cochenille


































L'égouttage


Nous prévoyons de relier chaque évacuation à une cuve pour le traitement des eaux.







L'espace de séchage


Pièce de séchage. Le premier séchage se fait à l'ombre.

Nous profitons des jours où le temps est couvert pour faire un dernier séchage en exterieur avant le stockage des laines


Curieux, émerveillés par les couleurs ou bien jaloux?

Concours de beauté... Je pense qu'il a gagné.

Le stockage se fait dans une autre pièce que nous n'avons pas encore photographiée. 


Merci à Sophie, Emmanuelle et Philippe pour leurs photos.

 

Conférence et démonstration de teinture

Festival "Les arts en fête" dimanche 16 juillet 2017 Cette année l e thème du Pastel à été choisi par l'organisation du ...